4800© – La Vesdre a tout emporté
L’eau est montée plus vite que les secours,
Des cris dans la nuit, plus d’lumière, plus d’tour,
Les rues noyées, les vies à bout d’souffle,
Des visages trempés, mais des regards qui bougent.
On a vu les voisins devenir des héros,
Des gosses sauver des gens dans l’eau,
Pendant qu’les grands parlaient chiffres et budgets,
Ici c’est nos bras qui ont tout ramassé.
Ils sont venus filmer, serrer des mains,
Puis sont repartis avant l’lendemain,
Sur les plateaux, des mots bien carrés,
Mais dans nos caves, y’avait rien à déclarer.
Été 2021, la Vesdre a tout emporté,
Sans crier gare, la vague est montée,
Les belles promesses ? On les voit s’effacer,
Verviers saigne encore, frère, mais refuse de tomber.
Les mois ont passé, mais la boue reste,
Les assurances traînent, les murs protestent,
Des familles brisées, des toits envolés,
Et la justice lente comme un ciel voilé.
Ils ont promis des aides, des plans, des lois,
Mais l’eau s’est retirée, pas la croix,
Les petits commerces ont mis la clé sous porte,
Et les discours vides, on les écoute de moins en moins fort.
Ici, on reconstruit à la main, sans budget,
Avec du cœur, du temps, du respect,
Parce que Verviers, c’est pas qu’une victime,
C’est une ville qui saigne, mais qui rime.
Été 2021, la Vesdre a tout emporté,
Sans crier gare, la vague est montée,
Les belles promesses ? On les voit s’effacer,
Verviers saigne encore, frère, mais refuse de tomber.
On a pas besoin d’vos médailles, ni d’vos caméras,
On veut juste des toits, des routes, des bras,
C’est pas l’eau qu’on craint, c’est l’oubli…
C’est voir nos vies noyées dans l’hypocrisie.
Été 2021, la Vesdre a tout emporté,
Sans crier gare, la vague est montée,
Les belles promesses ? On les voit s’effacer,
Verviers saigne encore, frère, mais refuse de tomber.
Et même si la pluie revient,
On sait qu’le courage, ici, c’est humain,
Verviers, debout, même dans la nuit,
La Vesdre a tout pris… mais pas nos vies.
« Ce morceau est un hommage à notre ville. À ceux qui ont tout perdu, à ceux qui ont tout donné. À ceux qui ont vu la Vesdre tout emporter… sauf leur courage. Ce titre, c’est la mémoire d’un moment où Verviers a souffert, mais aussi la preuve que notre ville reste debout, unie et fière.«
Le Collectif 4800©
Né au cœur de la cité lainière, 4800© puise dans la réalité sociale de Verviers, ses galères, ses contrastes, son humour noir, sa dignité et ses cicatrices, pour en faire une matière artistique sans concession.
Le collectif mêle flow nerveux, productions sombres et clips d’une esthétique quasi documentaire : aucun filtre, aucune fiction, juste la rue, racontée sans artifice. Une posture qui renforce l’impact des textes et donne au collectif une signature reconnaissable : honnête, incisive et profondément humaine.
Chaque titre est un instantané de Belgique contemporaine : autodérision typiquement locale, rage contenue, fatalisme lucide… le collectif refuse d’arrondir les angles. Dans un paysage francophone souvent concentré sur les grandes villes, 4800© choisit un autre territoire : la Wallonie oubliée, celle dont on parle peu, mais où beaucoup vivent. En donnant une voix à Verviers, 4800© rappelle que la créativité existe aussi loin des capitales, dans ces villes où les réalités sociales s’écrivent au quotidien…